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En bref : réunion du 11 juin 2006
Parmi les sujets abordés lors de la réunion : la profusion des blocs-souvenirs.
Le texte ci-dessous reprend et développe les arguments énoncés.

Les blocs-souvenirs de type "Rouge-Gorge"

rouge-gorge
jo2004
Bloc Rouge-Gorge (2003)

Bloc JO d'Athènes (2004)

gordon bennett
mozart
Bloc Gordon-Bennett (2005)
Un des six blocs Mozart émis ce mois-ci au prix de 15 euros la série. 
Il y en aura également un sur le golf (3 euros).

Sept blocs-souvenirs vont être émis pendant le prochain Salon du Timbre ! La Poste serait-elle en train de tuer la philatélie et les philatélistes par indigestion de produits de plus en plus éloignés du timbre et... de la Poste.?

Acte 1 : le bloc Rouge-Gorge
Fin 2003, la Poste réalise une émission inédite à partir du timbre Rouge-Gorge émis pour les voeux. Jusque-là en feuille et en carnet, le timbre se présente au centre d'un bloc gommé lui-même inséré dans un carton illustré à deux volets. De quoi s'agit-il ? Pour le Service Philatélique de La Poste (SPP), c'est une carte de voeux comme il en commercialise depuis plusieurs années. Mais au lieu d'éditer une carte ordinaire, il a eu "l'idée", cette année-là, de mettre le timbre Rouge-Gorge en scène au milieu d'un papier gommé plus large, plus joli. Plus à même de séduire les collectionneurs...

Preuve que La Poste ne sait pas ce qu'elle fait, le bloc est annoncé dans un petit supplément de Noël du catalogue du SPP comme étant un... prêt-à-poster !!!  Parmi les acheteurs habituels de la carte de voeux, il en est un qui prend conscience de l'intérêt de cette émission. Car il s'agit d'un véritable bloc, disponible uniquement sous cette forme, sans doute émis en très petite quantité (+ ou -
.50.000, selon des responsables de La Poste) et qui a toutes les chances de passer inaperçu.

Pour la première fois de son histoire, La Poste avait émis un timbre sans le savoir ! Mais un timbre de 0,50
.euro (valeur faciale) vendu 3.euros...

Aussitôt, deux grands négociants en achètent 5.000 chacun ! Informés courant janvier 2004, les responsables du CPE le commandent aussitôt sur le site Internet du SPP pour le fournir à leurs sociétaires abonnés aux blocs. Les philatélistes ébroïciens seront parmi les seuls à être servis. Huit jours plus tard le bloc est épuisé et, dans les semaines qui suivent, il se vend 150 euros. Pour une mise de 30.000 euros, les deux négociants qui ont flairé le coup peuvent potentiellement réaliser un chiffre d'affaires de... 1,5.million d'euros.! Les catalogues Dallay et Yvert et Tellier vont le coter 200 euros.

Acte 2 : La Poste orchestre la spéculation

Le bloc Rouge-Gorge a donné lieu à un mécontentement sans précédent. Des milliers de collectionneurs se sentiront frustrés, voire floués par La  Poste. A commencer par les réservataires et les abonnés, systématiquement exclus.  La Poste, elle, semble en tirer un autre enseignement : l'attrait que la rareté exerce sur les collectionneurs. Quelques mois plus tard, elle émet un bloc similaire dans le cadre des émissions annonces des Jeux olympiques d'Athènes. Comme attendu, les collectionneurs vont se précipiter sur ce bloc dont le tirage, sans doute important, suffira à répondre à l'importante demande. Depuis, d'autres "blocs-souvenirs" ont été émis, notamment pour les fêtes de fin d'année ou l'année Jules Verne.

Et puis, sans crier gare, La poste émet en 2005 un bloc pour le centenaire de la course Gordon-Bennett. Un bloc que personne ne verra, à part quelques négociants et collectionneurs qui en constituent de confortables stocks. Un bloc qui se vend entre 40 et 50
.euros sur Internet. Impossible de parler de "délit d'initiés", comme cela est souvent évoqué dans les conversations. En revanche, il est clair que La Poste a compris le système pour vendre des blocs six fois leur valeur faciale en soufflant le chaud et le froid, alternant les blocs à gros tirage (donc générant un important bénéfice) avec les blocs à diffusion confidentielle (relançant la spéculation, l'impression de rareté, et faisant le bonheur de quelques revendeurs).   


Acte 3 : le découragement au bout de la route ?
La Poste a raison de penser que la promesse du bon placement agit comme moteur d'achat. Sauf qu'elle orchestre elle-même cette promesse, ce qui n'est pas son rôle, et qu'elle en exclut ses meilleurs clients. Les collectionneurs n'ont généralement accès qu'à ce qui est commun; les raretés, ils doivent les payer au prix extra-fort.  

Jusqu'à la fin des années 1990, La Poste faisait tout pour enrayer la spéculation sur les timbres. Jusqu'à se rendre ridicule (1). Mais elle savait qu'à moyen et long termes, les prix arbitrairement gonflés ou les opérations "raretés" artificielles laissent la philatélie sinistrée (2).

Nul doute que Phil@poste, la branche philatélie de La Poste, affiche de bons résultats financiers, notamment en récupérant et en comptabilisant les réservataires qui se fournissaient jusqu'ici en nouveautés auprès de leur bureau de poste. Mais comme le nombre global des -
.véritables.- collectionneurs est en baisse, ces derniers sont davantage sollicités.  

En faisant parler du timbre, ces "opérations séduction" fondées sur la rareté et la spéculation attirent sans doute des amateurs. Mais ce sont des amateurs versatiles, spéculateurs d'un jour, capables d'acheter et de vendre des timbres comme des actions, sans états d'âme. Ces opérations donnent une image erronée de la philatélie, considérée comme un hobby, voire une passion, par la grande majorité de ses adeptes. Elles créent peut-être un mouvement de masse qui entretient la spéculation, comme un effet de mode. Mais elles détournent les collectionneurs d'une philatélie pérenne reposant sur des bases solides, c'est-à-dire les timbres anciens dont beaucoup, mal cotés, sont nettement plus rares que ces blocs-souvenirs dont des stocks sont constitués dès leur émission.

Finalement, ces opérations sont vouées à l'échec car elles font infiniment plus de mécontents (les collectionneurs frustrés) que d'heureux (les quelques vendeurs). Le résultat est toujours catastrophique.  Il suffit de regarder ce que sont devenus les collections de porte-clefs ou de pin's ou de voir comment France Télécom, après avoir croqué le beau fruit que représentait le marché de la télécarte, a fini par recracher le noyau que formaient les collectionneurs.

Épilogue (provisoire)
Sept blocs-souvenirs seront mis en vente lors du Salon du Timbre. Et aussi des "gravures" sortes de tirages en taille-douce réalisés à partir de poinçons apparemment anciens et sans rapport direct avec les timbres, vendus entre 6 et 8.euros. Ajoutés aux "Carnets de voyage" , aux "prêt-à-poster" pléthoriques (proposés en abonnement 255 euros pour l'année 2006.!) et aux timbres personnalisés vendu à 150.% de leur valeur quand ils ne sont pas personnalisés, cela fait beaucoup de "produits annexes".  Déjà, les timbres eux-mêmes ne constituent plus qu'une petite partie de l'offre philatélique.  

Malgré ces importantes réserves, et sauf indication contraire, le CPE va tenter de procurer les sept blocs de juin aux sociétaires étant abonnés aux blocs. Les non-abonnés présents à la réunion ont pu passer commande également. 
Mais, que ce soit pour ces blocs comme pour les précédents et les suivants, le CPE ne peut pas s'engager à les fournir, les conditions de vente n'étant jamais précisées et toujours fluctuantes, donc souvent incontrôlables...
CJ


(1) En 1991, le bureau de poste de Marseille édite un carnet de timbres avec une couverture de fabrication locale. Pour enrayer la spéculation qui se fait jour et réduire le mécontentement qui l'accompagne parmi les collectionneurs non informés, La Poste en réalise une copie qu'elle diffuse très largement au plan national. La copie n'étant
évidemment pas conforme, l'original reste identifiable et quinze fois mieux coté...

(2) Voir la cote ridiculement basse des timbres des années 1944-47 et 1965-75. Très spéculés à leur époque (blanchiment d'argent du marché noir dans les années 1940, produits de placements conseillés par des organismes financiers et bancaires dans la période 1965-1975), ils ont été remis sur le marché en masse par des spéculateurs pressés de réaliser leurs bénéfices, ce qui a effondré les cours.
Voir également le carnet Célébrités 1985, vendu jusqu'à 75
.euros dans les mois qui ont suivie son émission. Aujourd'hui, il peine à changer de main pour 9.euros.

Voir encore l'affaire Afinsa-Forum Filatelico en Espagne : ces sociétés proposaient des placements à 6
.% annuels sur les timbres, notamment les émissions "Europa" à des investisseurs non philatélistes. Perte de confiance ou escroquerie.?, la justice espagnole devra trancher. Il n'en reste pas moins que 350.000 clients de ces entreprises ont perdu leur argent et le Premier ministre espagnol, en personne, a été forcé d'intervenir pour que la lumière soit faite sur le plus grand scandale financier de l'après-guerre, portant sur 3,5.milliards d'euros, selon la presse espagnole...

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gravure

humour
Une "gravure" vendue 25 euros (série de 4) par La Poste. D'autres sont à 8 euros l'unité. Jolies mais très onéreuses éditions graphiques, dénuées de toute valeur philatélique





A paraître
pjviallat
Une oblitération Premier jour à la forme inhabituelle...








tango 2006
rouget de lisle
Emission franco-argentine sur le TANGO, à paraître le 26 juin. Plutôt amusants, les deux timbres sont dûs à l'Argentin Antonio Segui. S'agissant d'une émission conjointe, l'un d'eux aurait pu être réalisé par un Français. Marc Taraskoff, graphiste et grand connaisseur de musique et de danse, semblait tout désigné. 
Le 17 juillet : Rouget de Lisle, compositeur de la Marseillaise. Un timbre lui avait été consacré en  1936. Il montrait la statue érigée dans sa ville natale, Lons-le-Saunier.




QUIZ
Comme à chaque réunion, des quiz et des documents étonnants étaient soumis à la sagacité des sociétaires. Ce mois-ci, une lettre taxée pas ordinaire.
Imaginons qu'en 1919, de passage à La Chaux-de-Fonds (Suisse) un touriste ou un travailleur français frontalier poste une lettre qu'il avait déjà affranchie d'une Semeuse lorsqu'il était en France. Tout naturellement, les postiers suisses signalent un affranchissement irrégulier et une taxe à percevoir à l'arrivée. Mais celle-ci ne sera finalement pas réclamée. Pourquoi ?
Question subsidiaire : que signifient l'encadrement et les petits ronds marqués au crayon bleu autour du timbre ? Cela n'explique pas l'énigme précédente mais il s'agit d'un code international...


lettre taxée



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c'est ici :  
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